Érosion côtière en Afrique

L'érosion côtière en Afrique est un problème croissant qui menace non seulement l'environnement côtier, mais également les populations locales et l'économie régionale.

Défis, solutions et importance des drones

L’érosion côtière en Afrique est un problème croissant qui menace non seulement l’environnement côtier, mais également les populations locales et l’économie régionale. Dans cet article, nous examinerons l’état actuel de l’érosion côtière en Afrique, ses impacts sur les populations littorales et l’économie, les actions et solutions en cours, avec un accent particulier sur les besoins des projets tels que WACA, et enfin, nous discuterons du rôle crucial des drones et de la géomatique dans la gestion de cette problématique.

Un état des lieux déjà très alarmant

L’érosion côtière en Afrique est un phénomène préoccupant, exacerbé par une série de facteurs environnementaux, anthropiques et climatiques.

Voici quelques chiffres concrets qui illustrent l’ampleur du problème :

Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le niveau de la mer augmente à un rythme moyen d’environ 3,3 millimètres par an depuis les années 1990. En Afrique de l’Ouest, littoraux de grands deltas, cette élévation est particulièrement préoccupante le long des côtes basses et plates, où même de petites augmentations peuvent entraîner des conséquences dévastatrices, des mouvements de populations privées de travail et de lieux de vie, la destruction irrémédiables de patrimoines naturels et culturels.

Quartier des pêcheurs de “Katanga” rongé par l’avancé des eaux – Lomé – Togo – 2022 – Lillyfly

Selon les estimations, la population côtière de l’Afrique de l’Ouest est d’environ 105 millions de personnes (il convient de noter que ces chiffres peuvent varier en fonction des sources et des critères utilisés pour définir les zones côtières). La densité de population le long des côtes varie également considérablement d’un pays à l’autre, avec des zones urbaines comme Lagos au Nigeria ou Dakar au Sénégal qui concentrent une grande partie de cette population.

Les tempêtes et les événements météorologiques extrêmes sont de plus en plus fréquents en raison du changement climatique. Par exemple, le nombre de cyclones tropicaux touchant les côtes africaines a augmenté ces dernières décennies. Ces tempêtes provoquent des vagues de tempête, des inondations côtières et une érosion accrue des plages.

Les potagers de la côte togolaise anciennement a 300 m de la plage – Baguida – Togo – 2022 – Lillyfly

Tentatives répétées et infructueuses d’endiguements et d’épis rocheux – Baguida – Togo – 2022 – Lillyfly

Un ancien jardin gazonné de 500m², devenu plage, puis estran menaçant en 5 ans – Baguida – Togo – 2022 – Lillyfly

La route côtière s’arrête ici maintenant – Aného – Togo – 2023 – Lillyfly

La surpêche le long des côtes africaines affecte les écosystèmes marins en perturbant les chaînes alimentaires et en réduisant la biodiversité. La diminution des populations de poissons herbivores, par exemple, entraîne une croissance excessive des algues et des herbiers marins, affaiblissant ainsi la stabilité des fonds marins et augmentant la vulnérabilité à l’érosion.

Développement Côtier Non Planifié : La croissance démographique rapide et le développement non réglementé le long des côtes africaines contribuent à la dégradation des habitats naturels et à la perte de terres agricoles. Les zones côtières sont souvent urbanisées et industrialisées sans prendre en compte les risques d’érosion et de submersion marine, exacerbant ainsi les problèmes existants.

Des études montrent que certaines régions spécifiques sont plus vulnérables que d’autres. Par exemple, le littoral de l’Afrique de l’Ouest perd environ 1 à 2 mètres en moyenne de plage par an, tandis que des sites emblématiques, tels que la ville historique de Saint-Louis au Sénégal, ont perdu jusqu’à 20 mètres de côte en seulement quelques décennies, voir en seule une marée.

Certains sites moins symboliques perdent parfois jusqu’à 50 mètres annuellement, comme c’est le cas sur les côtes urbanisées au Togo, et voient maisons, infrastructures et dernières barrières naturelles sombrer.

L’érosion côtière en Afrique est un problème complexe et multifactoriel qui nécessite une approche holistique et des solutions adaptées aux réalités locales.

Les chiffres cités illustrent l’urgence de prendre des mesures pour atténuer les effets de ce phénomène et protéger les populations littorales ainsi que les écosystèmes côtiers fragiles.

Les populations littorales africaines subissent de graves conséquences dues à l’érosion côtière. La perte de terres agricoles et de logements force les communautés à se déplacer, créant ainsi des problèmes sociaux et économiques. De plus, les économies locales, souvent basées sur la pêche et le tourisme côtier, sont gravement affectées. La disparition des plages et des récifs coralliens diminue l’attrait touristique, tandis que la diminution des stocks de poissons menace la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des communautés de pêcheurs.

Agir

Face à cette crise, des actions sont entreprises à divers niveaux pour atténuer les effets de l’érosion côtière en Afrique. Le Projet WACA (West Africa Coastal Areas Management Program) est une initiative régionale qui vise à renforcer la résilience des communautés côtières en Afrique de l’Ouest.

Ce projet met en œuvre des mesures de protection côtière, la restauration des écosystèmes côtiers, et des programmes d’adaptation au changement climatique.
Gouvernements, bailleurs institutionnels et ONG œuvrent depuis des décennies pour luter contre ce fléau qui s’emballe et dépasse souvent des projets inadaptés ou mal dimensionné face à cette accélération et trop souvent mal achevés.

La chaine est complexe mêlant politiques, lobby économiques, contraintes humaines et culturelles, sciences et gros sous…

En amont de toutes ces actions il est indispensable de pouvoir suivre, monitorer et visualiser l’avancement des flots sur les terroirs pour pouvoir mesurer, quantifier, planifier, dimensionner et financer les bonnes actions au bon endroit, au bon moment et avec les moyens adaptés.

Il est clair que la gestion de l’érosion littorale est complexe et repose à la foi sur une multiplicité de facteurs et de réponses possibles, mais aussi d’échelles d’investissements et d’actions. On est en premier lieux sur une problématique globale et mondiale, les actions ont une échelle macro et interrégionales et se doivent d’être certes concertées avec une approche comme celle du projet WACA qui coordonne les actions, les encadre.


Les agences spatiales telles que la NASA et l’ESA (Agence Spatiale Européenne) collectent des données satellitaires sur l’évolution des côtes africaines. Ces données sont utilisées pour surveiller les changements dans les littoraux, estimer les pertes de terres et évaluer les impacts environnementaux.

Si elles sont précieuses pour une vision synoptique elles restent chères, complexes à exploiter en milieux tropicaux du fait des couvertures nageuses, limitées en précision et demandent une expertise et une coordination de collecte qui fait perdre réactivité et surtout accessibilité aux opérations locales.

Source Image : Banque Mondiale

C’est essentiellement et surtout localement que les études et actions pour une lutte efficace se font, et elles demandent des approches et des données qualifiées beaucoup moins macroscopiques, récurrentes et capables d’appréhender les nombreux facteurs mis en jeux ; naturels dans toute leurs complexités et imbrications, humains, économiques et nécessitent donc des solutions agiles d’imagerie disponibles à la demande pour servir la diversité des expertises nécessaires.

GÉOMATIQUE 3.0 vs l’érosion côtière

La géomatique joue un rôle essentiel dans la gestion de l’érosion côtière en Afrique en fournissant des données précises, économiquement accessibles et facilement exploitables par les spécialistes et en facilitant la prise de décisions éclairées. Cependant la clef de ces techniques est la disponibilité et la précision des données.

Les données satellitaires sont depuis des decenies une source precieuse couvrant la majeure partie des besoins macroscopiques et de bandes d’observation. Elles presentent pourtant des limites ; la précision, qui est certe rendue au demi-metre pour les capteurs les plus performants, le diverses nebulosités qui limitent la disponibilité continue en zones tropicales et surtout la combinaison des coûts d’achats et des moyens necessaires à leur interpretation. L’avion peut permettre de trouver une entre-deux interessant mais encore les budgets, les contraintes de vol et la meteo posent aussi leurs limites.

Les drones Leger ou plus lourd apportent une réponse simple et efficace pour les besoins locaux voir régionaux en impliquant des moyens humains et techniques purement nationaux.

Voici comment ces technologies contribuent à la résolution de cette problématique :

Surveillance & cartographie

Les drones aériens, équipés de caméras haute résolution et de lidars, de capteurs multispectraux, peuvent survoler les zones côtières à des altitudes basses, sous les brumes tropicales, collectant ainsi des données détaillées sur le littoral. Leurs cousins marins ou sous -marins viennent compléter certaines études pour visualiser ce qui se passe sous la surface grâce aux sonars, radars et autres capteurs permettent d’appréhender l’invisible et de compléter les sources nécessaires aux études.

WINGTRA GEN II sur la bande côtière de 57.3 km au Togo sur une largeur de 300 m couvrant estran , rivage et terres.
Mise en place de la procédure d’acquisition des données d’étude des infrastructures de protection – Octobre 2022

Ces données permettent de cartographier avec précision les changements dans le paysage côtier, tels que l’érosion des plages, la perte de dunes et des cordons lagunaires et la dégradation des récifs. Les images aériennes peuvent être utilisées pour créer des modèles numériques de terrain (MNT) et des cartes bathymétriques, offrant ainsi une vision complète de la topographie sous-marine et des caractéristiques géomorphologiques.

Les imageries multispectrales, radar et thermiques, complétées par les missions et capteurs en mer et sur terre, vont elles apporter de l’information clef sur les environnements végétaux, détecter les zones humides d’écoulement souterrains et visualiser les courants.

Analyse des données & modélisation

Les données collectées sont traitées à l’aide de logiciels de géomatique pour analyser les tendances et prévoir les évolutions futures. Des techniques telles que la photogrammétrie et la télédétection permettent de mesurer avec précision les changements de volume des plages et d’estimer les taux d’érosion. Ces données sont ensuite intégrées dans des SIG (Systèmes d’Information Géographiques) pour alimenter les experts dans leur réflexions et stratégies, simuler les effets de différentes interventions, telles que la construction de brise-lames ou la restauration des écosystèmes côtiers. Aujourd’hui facilement mis à disposition dans des solutions collaboratives, ces modèles aident les décideurs à dimensionner, planifier et évaluer l’efficacité des différentes stratégies d’adaptation et à optimiser l’allocation des ressources.

Planification et gestion des risques

Les informations géospatiales produites par les drones et la géomatique sont essentielles pour la planification de l’utilisation des terres et la gestion des risques côtiers. En identifiant les zones à risque d’érosion côtière et en prévoyant les impacts potentiels sur les infrastructures critiques, telles que les routes, les ports et les installations industrielles, les autorités locales peuvent prendre des mesures préventives et correctives pour minimiser les pertes humaines et économiques. De plus, ces données facilitent la mise en œuvre de politiques de zonage côtier et de plans d’adaptation au changement climatique, visant à réduire la vulnérabilité des communautés côtières.

En résumé, les drones et la géomatique offrent des outils puissants pour surveiller, analyser et gérer localement l’érosion côtière en Afrique. En combinant des données précises acquise a un moindre cout, comparé au images satellitaires et aériennes classiques, et managées et traitées par des compétences locales avec des modèles numériques sophistiqués, ces technologies sont des outils économiques et disponibles d’aide à la décision et contribuent en œuvre des stratégies efficaces pour protéger les populations littorales et préserver les écosystèmes côtiers.

Cartographie d’étude et de monitoring de la zone maritime de des chûtes de la Lobé au Cameroun
Site touristique classé au
près de l’Unesco – 2021 – LillyFly

Il faut le répéter, l’érosion côtière est un défi majeur pour le continent Africain qui nécessite une action urgente et coordonnée. Les solutions, pour malheureusement et seulement en limiter les impacts, existent mais il est impératif de les soutenir avec des outils et des technologies efficaces tels que les drones et les solutions de géomatique.

Investir dans ces solutions et former les équipes locales est l’un des vecteurs cruciaux pour protéger les populations littorales, préserver l’environnement côtier, et assurer la viabilité économique des régions côtières africaines.

Les équipes de LillyFly, avec plus de 5 années d’opérations dans la sous-région depuis sa base de Lomé au Togo contribue modestement à équiper, former et accompagner les acteurs de cette lutte digne de Sisyphe.

Formation des équipes de INROS LACKNER pour le projet WACA – Lomé – Togo – 2022 – LillyFly

En proposant des solutions telles que le WINGTRA GEN II, drone VTOL très polyvalent et adapté aux conditions tropicales, les suites software adaptées et  en formant les équipes de bureaux d’études telles que PRODEVELOP, BOSCALIS, INROS-LECKNER, les experts internationaux et régionaux de WACA et les sociétés de BTP comme EIFFAGE, SOGEA SATOM en charge de mettre en œuvre les solutions en place.

Lillyfly apporte sa pierre à ces projets importants et veille a ce que celle-ci n’échoue pas dans l’océan pour contribuer a son élévation.

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